Le secteur du cinéma ne s’est jamais aussi bien porté : avec l’explosion des plateformes de streaming et près de 300 films sortis l’an dernier, la France cherche désespérément de nouveaux talents.
Le cinéma en 2026 : un marché dopé par le streaming
Oubliez l’idée que le cinéma est un milieu fermé et poussiéreux. Aujourd’hui, l’industrie est portée par une concurrence féroce entre les salles obscures et les géants comme Netflix, Disney+ ou Amazon Prime. Selon le CNC, plus de 350 000 professionnels font tourner la machine en France. C’est un écosystème géant qui a besoin de créatifs, mais surtout de techniciens et de gestionnaires ultra-qualifiés.
Le métier change : l’intelligence artificielle commence à s’inviter dans l’écriture des scripts et la création d’images, tandis que les tournages deviennent plus “verts” pour réduire leur impact écologique. C’est le moment idéal pour débarquer avec un regard neuf et des compétences hybrides.
“Le secteur de l’audiovisuel et du cinéma recherche des personnes créatives, polyvalentes et capables de travailler au rythme intense des tournages.”
Bac+2 à Bac+5 : quelle route choisir ?
Dans ce milieu, il y a deux écoles : ceux qui veulent maîtriser la technique pure et ceux qui veulent développer leur regard critique. Tout dépend de votre tempérament.
Le BTS Audiovisuel : la voie royale des techniciens
C’est la formation préférée des studios. En deux ans, vous devenez opérationnel sur les tournages. Le BTS se décline en cinq options stratégiques :
- Métiers de l’image : Pour ceux qui veulent finir derrière la caméra ou gérer les lumières.
- Métiers du son : De la prise de son sur le plateau au mixage en studio.
- Montage et post-production : Pour les magiciens du rythme et des effets spéciaux.
- Gestion de production : Pour les futurs boss qui organisent les plannings et les budgets.
- Techniques d’ingénierie : Pour les cerveaux qui gèrent la maintenance et l’exploitation des équipements.
Attention, l’entrée est sélective (Parcoursup) et demande souvent un bon bagage en physique-chimie ou en maths pour les options son et image.
L’Université : pour les scénaristes et les critiques
La Licence Arts du Spectacle (option cinéma) est parfaite si vous aimez l’histoire du film, l’analyse et l’écriture. C’est un parcours théorique solide, mais attention : il faudra impérativement multiplier les stages et les projets personnels à côté pour ne pas arriver sur le marché avec uniquement des livres en poche.
Les Écoles Privées (3iS, ESRA, EICAR…)
Elles sont nombreuses et proposent souvent une immersion immédiate. L’avantage ? Un parc matériel de dingue (studios, caméras pro) et un réseau d’anciens élèves déjà en place. L’école 3iS, par exemple, mise tout sur la professionnalisation dès la première année.
Les “Big Five” : les écoles de l’élite
Si vous visez le très haut niveau, il existe des concours ultra-sélectifs accessibles à Bac+2. Ces écoles publiques sont gratuites (ou presque) et affichent un taux d’insertion de plus de 85 %.
- La Fémis : La plus célèbre, très orientée création et production.
- Louis-Lumière : La référence pour l’image et le son, avec une approche très scientifique.
- La CinéFabrique : Une école innovante qui mise sur la pratique et la diversité des profils.
- Les Gobelins : Le temple mondial de l’animation.
Le taux de réussite au concours de la Fémis est d’environ 2,6 %. Autant dire qu’il faut avoir un dossier en béton et une culture cinématographique de monstre.
Débouchés et salaires : la réalité du terrain
Travailler dans le cinéma, c’est souvent embrasser le statut d’intermittent du spectacle. On enchaîne les projets, les contrats courts, et les horaires décalés (nuit, jours fériés).
| Métier | Salaire moyen / Statut |
| Technicien (Image, Son, Montage) | SMIC + heures sup majorées (25 à 100%) |
| Réalisateur | Rémunération au cachet (environ 4 000 € / mois) |
| Producteur | Variable selon le succès du film |
Les débuts peuvent être rudes, mais les primes de tournage (nuit, dimanche) permettent de gonfler rapidement les fiches de paie. Un réalisateur confirmé ou un chef opérateur reconnu peut gagner très confortablement sa vie.
Le secret pour percer : 60 % de réseau
C’est la statistique qui tue : 60 % des premiers contrats s’obtiennent via le réseau. Le diplôme est une base, mais votre carnet d’adresses est votre véritable moteur.
- Faites des courts-métrages : Même bénévoles, même avec votre smartphone. Montrez que vous savez cadrer, monter ou diriger.
- Fréquentez les festivals : Cannes, Annecy ou Clermont-Ferrand sont des lieux de networking massifs.
- Créez un portfolio : Une “bande démo” de 2 minutes vaut mieux qu’un CV de 2 pages.
“Dans ce secteur, montrer ce que l’on sait faire compte autant, sinon plus, que son diplôme.”
Le cinéma n’attend pas que vous sortiez de l’école pour vous tester. Que vous choisissiez la fac ou un BTS technique, l’important est de rester curieux, d’accepter de commencer comme assistant régisseur et de ne jamais arrêter de tourner.







