Combien coûte une école de cinéma ?

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Tu rêves de devenir le prochain Nolan ou la future Céline Sciamma ? Le talent et la passion sont là, c’est indéniable. Mais avant de monter les marches de Cannes, il va falloir passer par la case formation. Et c’est là que le scénario se corse souvent : combien coûte une école de cinéma en France ? Entre les établissements publics quasi-gratuits mais ultra-sélectifs et les écoles privées aux équipements hollywoodiens mais aux tarifs élevés, le grand écart budgétaire peut donner le tournis. Spoiler alert : il existe des solutions pour ne pas finir ruiné avant même d’avoir tourné ton premier court-métrage.

Le Public : l’excellence à prix doux (mais places limitées)

C’est un peu le Saint Graal des étudiants en audiovisuel. La France a cette chance incroyable de posséder des écoles publiques de renommée mondiale où les frais de scolarité sont dérisoires comparés à la qualité de l’enseignement. Si tu as un dossier en béton et les nerfs solides pour les concours, c’est l’option la plus économique.

Les grandes écoles nationales

Ici, on parle de la crème de la crème. Ces écoles sont financées par l’État, ce qui explique leurs tarifs très bas :

  • La Fémis : Compte environ 433 € par an. Oui, tu as bien lu. C’est l’une des meilleures écoles du monde, et elle est quasiment gratuite.
  • L’ENS Louis-Lumière : Le coût est d’environ 900 € pour l’ensemble du cursus de trois ans.
  • L’ENSAV (Toulouse) : Les frais tournent autour de 700 € pour la totalité de la formation.

Attention cependant, il y a un “mais” de taille. Ces écoles sont accessibles principalement à Bac+2 et la sélection y est draconienne. À La Fémis, par exemple, le taux de réussite au concours flirte avec les 10 %. Il y a environ 60 places par an pour des centaines de candidats. C’est un parcours d’élite.

Le BTS Audiovisuel public

Si tu sors juste du bac, le BTS (Brevet de Technicien Supérieur) Métiers de l’audiovisuel est une voie royale. Dans les 16 lycées publics qui le proposent en France, la formation est 100 % gratuite. C’est une formation technique en deux ans, très appréciée des recruteurs, qui permet de se spécialiser (image, son, montage, gestion de production) sans débourser un centime.

Le Privé : un investissement pour du matériel de pointe

Face à la pénurie de places dans le public, les écoles privées forment aujourd’hui la majorité des professionnels du secteur. Elles sont plus accessibles (souvent sur dossier et entretien de motivation plutôt que sur concours académique pur) et misent sur une pédagogie très “terrain”. Mais cette qualité a un prix.

La fourchette des tarifs

Il faut être lucide : intégrer une école privée demande un budget conséquent. En 2025, la moyenne se situe autour de 7 000 € à 9 000 € par an pour un cursus Bachelor (Bac+3).

Si tu vises un Mastère (Bac+5) ou une spécialisation très technique (comme la 3D, les VFX ou la post-production), la facture peut grimper. Voici quelques exemples de tarifs pratiqués par les références du secteur :

  • 3iS : Entre 7 000 € et 10 500 € pour la première année, et jusqu’à 12 000 € pour les années de Mastère.
  • ESRA : Environ 9 600 € par an.
  • EICAR : Autour de 8 600 € à 8 800 € l’année.
  • CineCreatis : Environ 7 500 € par an.

Pourquoi est-ce si cher ?

On ne paie pas juste pour des cours théoriques. Ces écoles fonctionnent comme des mini-studios de production. Tes frais de scolarité financent :

  • Le parc matériel : Caméras de cinéma (RED, Arri Alexa, Sony FX6), régies, studios fond vert, salles de mixage 5.1 ou Dolby Atmos.
  • Les logiciels : Licences pro pour la suite Adobe, DaVinci Resolve, Pro Tools, Maya, etc.
  • Les intervenants : Ce sont des pros en activité (réalisateurs, chefs op’, monteurs) qui viennent partager leur savoir-faire.

L’Alternance : l’astuce pour ne rien payer (et gagner de l’argent)

C’est le “cheat code” des études supérieures. De plus en plus d’écoles privées, comme 3iS, EICAR ou l’ESRA, proposent de suivre leur cursus en alternance, généralement à partir de la 3ème année ou en Mastère.

Le principe est simple : tu signes un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation avec une entreprise (chaîne TV, société de production, agence de com, prestataire technique). Les avantages sont massifs :

  1. 0 € de frais de scolarité : C’est ton entreprise (via son OPCO) qui règle la facture de l’école.
  2. Un salaire mensuel : Tu es rémunéré (un pourcentage du SMIC selon ton âge) pour financer ta vie à côté.
  3. L’expérience pro : Tu sors de l’école avec un CV déjà rempli, ce qui booste ton employabilité.

C’est souvent la meilleure stratégie : payer (ou faire un prêt) pour les deux premières années de Bachelor pour acquérir les bases, puis basculer en alternance pour financer la fin de ses études.

Les exceptions : le privé gratuit ou presque

Le paysage bouge. Des initiatives émergent pour casser la barrière de l’argent. On pense notamment à :

  • L’école Kourtrajmé : Fondée par Ladj Ly, elle propose des formations gratuites (réalisation, scénario, acting) ouvertes à tous, sans condition de diplôme.
  • La CinéFabrique (Lyon/Marseille) : C’est une école nationale (donc publique) mais avec une pédagogie très différente et une gratuité totale (seule la CVEC est à payer). Elle recrute sur concours mais sans condition de diplôme pour les 18-25 ans.

Tableau comparatif : Public vs Privé

Pour t’aider à y voir plus clair, voici un résumé des forces en présence.

CritèresÉcoles Publiques (Fémis, Louis Lumière…)Écoles Privées (3iS, ESRA, EICAR…)
Coût annuel moyenGratuit ou < 500 € (hors INA)7 000 € à 12 000 €
AdmissionConcours très sélectif (Bac+2 souvent requis)Dossier + Entretien (Niveau Bac)
MatérielExcellent, mais partagé entre peu d’élèvesPointe de la technologie, renouvelé souvent
AlternanceRare (sauf formations spécifiques)Très fréquent (surtout en fin de cursus)
ReconnaissancePrestige artistique et institutionnelInsertion professionnelle et réseau technique

Les frais cachés à anticiper

Attention, le chèque que tu signes à l’école n’est pas ta seule dépense. Dans le cinéma, la passion coûte cher. Même si l’école fournit le gros matériel, tu auras besoin de ton propre “kit de survie” :

  • Informatique : Un ordinateur puissant pour le montage ou la 3D (MacBook Pro ou PC Gamer solide) est quasi indispensable pour travailler chez soi.
  • Projets personnels : Les écoles financent les projets de fin d’année, mais pour tes exercices intermédiaires, tu devras peut-être mettre la main à la poche (défraiement des acteurs, décors, costumes, régie).
  • Vie quotidienne : La plupart des grandes écoles sont à Paris, Lyon ou Bordeaux, où les loyers sont élevés.

Comment financer si on choisit le privé ?

Si l’alternance n’est pas possible tout de suite et que le public t’a fermé ses portes, ne désespère pas. Les écoles privées ont l’habitude d’accompagner les étudiants :

  • Prêts étudiants : Elles ont souvent des partenariats avec des banques pour des taux préférentiels et des remboursements différés (tu commences à payer quand tu as un job).
  • Bourses internes : Certains établissements privés proposent des réductions selon les revenus des parents.
  • Paiement échelonné : Tu peux souvent payer tes frais de scolarité en 10 fois pour lisser l’effort.

Le coût d’une école de cinéma est un investissement sur toi-même. Que tu choisisses la voie royale du public, l’efficacité technique du privé ou l’intelligence de l’alternance, l’important est de choisir la structure qui correspond à ta manière d’apprendre. N’hésite pas à te rendre aux Journées Portes Ouvertes (JPO) : c’est le meilleur moment pour poser la question qui fâche (le prix) et voir si le matériel promis est bien là.

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